Le cas Victor Sommer – Vincent Delareux

Afin de rendre mes chroniques toujours plus précises, j’ai décidé de créer un barème sur 100 points (merci les supers conseils de Tata Nexua !) afin de te donner une note plus détaillée. Tu peux retrouver la liste de mes différents critères ici.

Excuse-moi pour le retard ! Au lieu de poster ma chronique samedi matin comme je le fais habituellement, c’est aujourd’hui qu’elle va tomber. Faut dire aussi que j’ai été pas mal occupée la semaine dernière, je suis partie voir mes parents et… Ouah… les parents… Qui n’a pas un gros traumatisme ou un complexe qu’il doit à ses parents ? Bah, je peux te dire que Victor Sommer, lui, il se serait peut-être bien passé d’avoir cette mère ! Pourquoi ? Reste si tu veux en savoir +…


Style : Roman noir

Date de publication : 2020

Points barème : 80/100


DE QUOI ÇA PARLE ?

Victor est un jeune garçon qui… Ah non ! Victor est un homme de trente-trois ans (comme le Christ quand il est mort, t’as vu ?). Il n’a d’enfant que son foyer parce qu’en bon Tanguy, il vit toujours chez sa mère. Sauf que voilà, comparé à son copain cinématographique, Victor ne se la coule pas vraiment douce auprès de sa chère mère.

Faut dire aussi qu’elle est assez tyrannique et puis, gare à celle qui osera tourner autour du fruit de ses entrailles ! C’est qu’elle n’aime pas vraiment partager, la madame.

Oui, mais voilà qu’un jour elle disparait sans crier garde. Comme ça ! D’un coup !

Si la panique s’empare d’abord de lui, Victor comprend très vite que cette disparition est peut-être la solution à tous ses problèmes. Alors, il se met à vivre pour la première fois, sans se douter que l’ombre maternelle plane toujours sur lui…

QU’EST-CE QUE J’EN AI PENSÉ ?

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur pour sa confiance.

Le premier regard (13.5 points sur 15)

Tu sais à quel point je peux parfois être un boulet ? Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j’étais persuadée en commençant ce roman qu’il s’agissait d’un polar… Pourtant, on est bien d’accord toi et moi, la couverture ne donne pas vraiment une ambiance policier et dans le résumé, on ne te parle pas d’une enquête.

Peut-être que deux fils se sont touchés dans mon cerveau et j’ai fait le raccourci : disparition = polar…

Toujours est-il que ce n’est pas du tout un polar ! C’est bel et bien un roman noir. Qu’est-ce que ça veut dire ? T’inquiète, je vais donner la définition pour ceux qui suivent pas au fond de la classe. Un roman noir c’est composé d’un univers assez sombre (sans blague…), pessimiste et on y trouve une certaine touche de suspens.

Alors oui, certains considèrent que le roman noir c’est une sous-catégorie du roman policier, mais ce n’est pas vraiment la même chose au final. Dans le roman noir, on pose notre regard sur un fait sociétal et on le dissèque. Et c’est le cas avec ce roman. Ici, Vincent Delareux nous offre une belle analyse bien dark comme on les aime de la relation mère-fils.

Ma lecture (54 points sur 70)

Entre réalisme et burlesque

Un truc que j’ai vraiment aimé dans ce roman c’est son ton. Parce que le roman est bel et bien sombre, mais au final il y a cette petite touche d’absurde qui vient te coller un sourire à la figure de temps à autre. Victor n’est pas du tout un bout-en-train, loin de là ! Il n’est pas du genre à te sortir son répertoire de blague Toto à l’apéro. De toute façon il n’est même pas du genre à venir à ton apéro, donc la question ne se pose pas. En fait, Victor est comique malgré lui.

C’est un don à ce stade-là ! Son cerveau est clairement monté à l’envers, ça ne fait aucun doute et du coup, par moments, il a des réflexions, des gestes qui nous paraissent totalement incohérents dans notre logique mais qui matchent avec la sienne. On en vient à rire de ses pensées tordues sans jamais les remettre en question parce que c’est tout à fait « normal » qu’un type comme lui puisse penser ça.

On accepte tout ça parce que dès le début, Vincent Delareux nous montre que l’on ne se trouve pas dans le monde régi par notre logique. Dès le début, on comprend que Victor a un sacré grain et qu’il faut juste se laisser guider par la mécanique de son cerveau tordu.

Tu vois Psychose ? Bah, voilà !

J’aime d’amour Psychose. Pour tout te dire, dans mon premier appartement, j’avais l’affiche de cinéma du film. Genre l’affiche originale. D’époque. Grandeur nature. Au-dessus de mon lit ! Mon chat étant passé par là, l’affiche a pas fait long feu. M’enfin ! Je suis une grosse fan également de Bates Motel, donc tu te doutes bien que j’avais prévu, un jour dans ma vie de lire le roman de Robert Bloch à l’origine du film.

Je l’ai toujours pas lu, mais pourtant j’ai l’impression que c’est fait maintenant que j’ai fini le cas Victor Sommer ! Tu y retrouves Norma Bates, chère maman de notre tueur chéri, il y a pas à dire. Je ne sais pas vraiment si Vincent Delareux a écrit son roman avec l’intension de rendre hommage à Psychose, mais le pari est réussi. On sent clairement des liens qui se forment, on va pas se mentir, mais pourtant à aucun moment on a une impression de plagiat ou de copier-coller.

Vincent Delareux a réussi à prendre ce thème et à se l’approprier.

Il y a une autre influence que j’ai sentie dans ce roman. Alors, je ne vais pas faire la meuf ignorante, je sais très bien qu’Amélie Nothomb a lu ce roman. Vincent Delareux utilise même l’avis de l’auteure pour sa com. Et il a raison de le faire ! Donc je me doute bien que si Vincent a envoyé son roman à Amélie Nothomb, c’est qu’il l’estime et lit ses romans. Et en effet, j’ai peut-être senti une certaine influence sur sa plume. Mais encore une fois, Vincent s’approprie les codes et rend hommage. Jamais il ne plagie. Et c’est ça qu’on aime !

Suspens alors que pourtant…

Bon, là je vais essayer d’expliquer mon point de vue sans spoiler. Ça va être dur, je vais pas te mentir ! Tu sais que je suis 100% honnête donc je vais te raconter tout ce que j’ai ressenti.

Dès le premier chapitre, je me doutais déjà plus ou moins de ce qui s’était passé.

Ouais, dit comme ça, ça parait violent. Mais c’est là où Vincent Delareux a puisé tout son suspens. Bon déjà, dès le début, tu sais que la mère Sommer va disparaitre (c’est dit dans le premier chapitre et de toute façon, c’est le pitch du résumé, donc je ne t’apprends rien). Mais pendant tout le premier tiers du roman, tu vis l’avant. Tu attends ce moment où elle va prendre la poudre d’escampette. Et c’est là que tu as du suspens. Tu sais ce qui va arriver, mais tu ne connais pas le contexte.

Et la tension elle reste même après ! Encore une fois, depuis le début, je me doutais un peu de ce qui se cachait derrière cette disparition et pourtant j’avais envie de connaitre la suite. Je voulais arriver au dénouement pour une raison simple : Je voulais savoir comment Victor le découvrirait et surtout quelle serait sa réaction.

C’est là où Vincent se démarque vraiment de l’univers Psychose. S’il avait simplement fait un roman avec pour seule tension la disparition de la mère, ce bouquin ne sortirait pas du lot. Mais tout l’intérêt du livre réside dans ce qui amène Victor au point final. L’important n’est PAS le point final, mais le chemin parcouru pour y parvenir.

Créer du suspens alors qu’on se doute déjà de la fin, ça c’est très fort !

L’après-lecture (12.5 points sur 15)

Alors, oui, j’ai pas été surprise par la fin et je n’ai peut-être pas eu le feu d’artifice que j’attendais, mais d’un côté, je pense que ce n’était pas non plus le but recherché par l’auteur. Il ne voulait pas nous surprendre avec un dénouement digne des meilleurs twists, il ne voulait pas qu’on se retrouve la bouche grande ouverte à se dire « mais comment j’ai pu passer à côté ? ». Parce que, de toute façon, ça aurait pas collé avec l’ambiance du roman.

On est sur un roman psychologique. Une ambiance lourde, une mère menaçante même lorsqu’elle n’est plus là. Tout ça, c’est subtil, c’est invisible et pourtant si présent. C’est discret mais rudement angoissant pour ce fils qui vit dans l’ombre maternelle. Donc forcément, la fin devait être cohérente avec ça. La fin devait être discrète mais rudement dark.

Il y a des romans qui nous marquent par leur fin explosive ou surprenante, et il y a des romans qui nous marquent par le cheminement que l’on a parcouru tout au long de leur lecture. Le cas Victor Sommer fait parti de la deuxième catégorie.


PÉPITE OU PAS PÉPITE ?

Pour moi, c’est une pépite. Alors je m’excuse d’avance pour cette comparaison réchauffée au microonde, mais le cas Victor Sommer est vraiment un roman à la Amélie Nothomb mais avec la patte de Vincent Delareux. L’ambiance prévaut largement sur la chute. Tout se joue dans cette tension qui nous maintient, dans cet accident qu’on connait déjà mais que l’on voit arriver sur nous sans pouvoir y faire quelque chose.

Je te le recommande vraiment, et je dois bien avouer que je vais garder un oeil sur Vincent Delareux, parce que je pense avoir reniflé un très bon auteur, là !


OÙ TROUVER LE ROMAN ?

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Voilà, j’espère que cela t’aura plu. À bientôt pour une prochaine lecture !

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