Distorsion – JR Kobencröft

Afin de rendre mes chroniques toujours plus précises, j’ai décidé de créer un barème sur 100 points (merci les supers conseils de Tata Nexua !) afin de te donner une note plus détaillée. Tu peux retrouver la liste de mes différents critères ici.

Bon, tu es prêt ? Non, je déconne pas. Est-ce que tu es prêt pour cette chronique ? Parce que j’en ai des choses à dire et je vais essayer de me limiter parce qu’un pavé de 20k mots, ça commence à friser la folie. Bon, tu vas me dire, je serais dans le thème ! Dans le thème de quoi ? Bah, du bouquin ! Suis un peu !


Style : Fantastique / Horreur

Date de publication : 2020

Points barème : 93.5/100


DE QUOI ÇA PARLE ?

Tu prends ta machine à remonter le temps et tu poses tes miches en 1993. Dans la ville de Saline, il se passe des choses assez étranges pour pas dire carrément flippantes. Déjà, on retrouve le corps sans tête d’une jeune femme. Enfin, pas vraiment sans tête. Disons juste qu’on lui a pelé la face façon clémentine au petit-dej.

Mais s’il n’y avait que ça ! Parce que, dans les sous-sols de la ville s’opère un drôle de marché dont la came, c’est pas vraiment de la drogue et la monnaie d’échange… C’est pas vraiment de la ferraille !

Thomas, un jeune un peu marginal, se retrouve propulsé au milieu de faits qui le dépassent totalement. Angoisses, hémoglobine, folie… Il va devoir jongler avec des choses qui ne suivent plus aucune logique.

QU’EST-CE QUE J’EN AI PENSÉ ?

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur pour sa confiance et pour l’envoi de son roman.

Le premier regard (14 points sur 15)

Entre mes mains et sur la photo, tu peux retrouver l’ancienne couverture, mais aujourd’hui, le roman a fait peau neuve. Je te mets juste en dessous son nouveau physique, d’ailleurs.

Déjà de base, j’aimais bien la première couverture. Assez sombre, angoissante et surtout, une fois que tu lis le roman, tu comprends tout de suite ce qu’elle signifie. Il y a un point dont je reparlerai + tard dans ma chronique, mais Distorsion est très visuel, voire carrément cinématographique (ça se dit pour un roman ? Bah, je le dis !) et ça avec la première couverture, tu le retrouves bien. Tu as le cadre de l’intrigue.

Mais la seconde couverture… Mamamia ! J’ai pu la voir de près, vu que j’ai eu le droit aux marques-pages et elle est magnifique. J’avoue que le lien avec le roman est peut-être un peu moins évident, mais elle est tellement belle qu’on s’en fout. On devrait pas ? Bah, tant pis ! Non, la dualité, le côté primaire de notre être etc.. tout ça c’est très bien représenté dans le roman et dans la couverture. C’est juste que celle-ci représente une notion du bouquin alors que la première te faisait vivre une scène. Tu captes la différence ?

Au niveau du résumé, je le trouve attrayant, mais il sous-côte clairement le roman ! OK, je vais attendre un peu avant de faire ma fan-girl, mais en le lisant comme ça, je me dis « ça a l’air cool comme bouquin ». Point. MAIS IL EST PAS JUSTE COOL, BORDEL ! Bref, le résumé est très bien parce que tu en as pour ton argent, mais il pourrait encore + mettre en avant cette pépite.

Est-ce que je viens de te spoiler que c’était une pépite ? Merde… Bah, reste quand même !

Ma lecture (64.5 points sur 70)

Un suspens aux petits oignons

Hey, est-ce que tu savais que… j’adore Stephen King ? Ouais, je sais, ça te choque toi aussi. Bon, si j’aime le King, c’est parce qu’il sait poser une ambiance. Beaucoup râlent parce que soit-disant les 100 premières pages de ses bouquins sont souvent lentes, il se passe rien, blablabla… Non. Y a pas débat, je dis simplement « non ». Il met une ambiance, bordel ! Bon, bah prends cette QUALITE (j’insiste sur le mot) chez lui, pimente ça avec quand même un peu + d’action et tu as JR Kobencröft.

Il y a une ambiance qui vient s’installer et c’est là où je parlerai de côté « cinématographique » du roman. L’auteur maitrise la description et il l’intègre très bien à l’action ce qui te donne vraiment l’impression de vivre la scène.

Bon, tout le monde n’est pas parfait, et c’est vrai qu’au début du roman, j’ai trouvé l’introduction des personnages peut-être un peu trop artificielle, en mode « coucou, alors lui c’est Truc et il aime le vert, il déteste le jaune…. » Je charrie, mais disons que l’auteur a tendance au début à nous décrire un peu les personnages au lieu de nous laisser les découvrir. Mais une fois passé ce côté-là… Les descriptions des lieux, les descriptions des relations entre personnages, les actions… Tout est très bien maitrisé, et on en oublie totalement que derrière les lignes, il y a un auteur. On oublie que c’est quelque chose qui a été créé pour nous.

On ne voit pas du tout les ficelles qui tirent tout ça, et l’intrigue vient petit à petit. Le dosage entre révélation et secret est juste parfait. Ça ne fait pas artificiel, ça arrive au bon moment, le tableau se forme au fur et à mesure. Pas assez vite pour qu’on anticipe, mais pas trop lentement pour qu’on soit frustré. Parfait, comme je te disais.

Une sincérité violente

JR (tu me permets ?) sait vraiment te poser un tableau et ça dès le début. D’habitude, j’ai un peu de mal à rentrer dans un roman et il faut attendre le moment où l’enjeu apparait pour que je me sente impliquée. Bon, bah là clairement, dès le début j’étais dedans. C’est simple le premier soir je n’ai lu que 10 pages et j’ai pas pu aller + loin parce que j’étais trop chamboulée. 10 FUCKING PAGES. Et de quoi elles parlent ? D’une meuf qui revient de chez le coiffeur. Sans rire, il se passe pas beaucoup + de choses, mais pourtant ça m’a retournée. Parce que JR ne fait pas vraiment passer l’émotion dans l’action ou encore dans les mots eux-mêmes. C’est un style simple mais bougrement efficace. Il va te décrire un mec qui attrape une conserve de petit pois et là tu vas te mettre à angoisser sur le sens de ta vie. J’exagère à peine. A peine.

Je sais pas comment il fait… Je dois faire une confidence, pendant toute ma lecture après j’ai essayé de comprendre pourquoi ça me touchait autant. Pourquoi, alors qu’il verbalise pas forcément les émotions, je les recevais de plein fouet ? Et j’ai pas compris. Apparemment, c’est pas une question de période du mois et d’hormones, non parce que je te vois venir… Je crois qu’il faut juste que je me fasse à l’idée que JR Kobencröft est doué.

Alors, un autre point : Il me semble que c’est le premier roman de l’auteur et ça se sent. Ça se sent, parce qu’il est très viscéral. J’ai relevé des répétitions, des maladresses, des mises en pages assez… audacieuses ? Bref, des trucs qui peuvent en effet confirmer que c’est un premier roman. Et au lieu de jouer en la défaveur du bouquin, ça vient carrément rendre le truc encore + percutant. L’écriture est travaillée, il y a aucun doute sur le fait que l’auteur a bossé pour pondre ça, mais sa plume n’est pas encore polluée par les règles et « l’intellectualisation » de l’écriture. (j’invente des mots aujourd’hui !)

Je m’explique : On sait très bien, au bout d’un moment, les techniques d’écriture à utiliser pour faire ressentir telle chose au lecteur. On sait qu’il vaut mieux éviter les verbes faibles, les gérondifs etc.. et au bout d’un moment on réfléchit trop pendant l’écriture et on manque de spontanéité, de sincérité. Eh bien, JR n’est pas dans ce cas là. Il ne suit pas les règles et comme il parait naturellement doué pour écrire de la bonne came, ça joue clairement à son avantage d’être en dehors de ce mécanisme. Ça rend le tout beaucoup + violent et vrai.

Le mec a réussi à faire du « défaut » des jeunes auteurs une force…

Chacun sa route, chacun son chemin ! (me remercie pas pour la musique en tête)

Dans le résumé, on te présente un peu l’histoire comme étant celle de Thomas et d’Alice, alors qu’au final, c’est vraiment l’histoire de toute la ville. La comparaison va être un peu toute pétée, mais j’ai reniflé quelques senteurs à la « Bazaar » de Stephen King (« Stephen King ? Vraiment ? Mais qui est cet homme dont tu ne parles JAMAIS ??? »). On a une ville, le mal s’y implante et vient vraiment avilir chaque habitant indépendamment.

C’est un point que j’ai beaucoup aimé parce que ça permet d’éviter le schéma du héros seul contre tous ! Et chaque personnage a une vraie personnalité, de vraies aspirations et motivations. Tu as pas l’impression qu’ils sont là pour jouer leur rôle auprès du héros. Ils sont là parce qu’ils existent. Ils ont une vie avant et après le roman et ça se sent tout de suite, il y a pas à dire !

Encore une fois, si tu as capté, l’auteur a créé un roman où il arrive à se détacher totalement des normes, des schémas et où tout semble simplement couler de source.

L’après-lecture (15 points sur 15)

C’est une excellente découverte. Franchement, j’ai adoré ma lecture et il faut dire que ce n’était vraiment pas gagné d’avance parce que… Parce que j’avais placé la barre très haut. Je sais, c’est pas bien de commencer un service presse avec des attentes très fortes, mais j’en avais (malgré moi) entendu tellement de bien, et il avait tant attisé ma curiosité que forcément… Je m’attendais au roman du siècle ! Et tu sais à quel point on peut être déçu quand on se lance dans un roman avec cette idée en tête. Donc, si je te dis que je n’ai PAS DU TOUT été déçue, tu captes que c’est de la bonne came !

Pour moi, la sincérité et les tripes d’un auteur, c’est vraiment ce qui prévaut sur tout le reste. Et là, j’ai été servie. Tout ce que j’aime dans un livre, je l’ai retrouvé.

On en parle de cette fin ? J’ai pas eu spécialement de surprise énorme, de « BAM ! » mais par contre, j’ai eu une fin ultra satisfaisante. Pas du tout dans le sens où c’est une happy end, ça serait mal me connaitre ! Non, la fin est jouissive, parce qu’elle est très bien amenée. Souvent, les jeunes auteurs sont trop pressés et la baclent en quelques pages. Ici, elle est maitrisée et JR nous maintient dans l’ambiance jusqu’à la dernière ligne.

Tiens, encore un truc qu’il réussit haut les mains…


PÉPITE OU PAS PÉPITE ?

T’es bouché ou quoi ? Bien sûr que c’est une pépite ! Il n’y a aucun doute là-dessus. Et je te dirais même que j’ai senti une évolution de l’auteur au fil du roman, je l’ai senti gagné en puissance. Du coup, j’irai même plus loin en m’avançant et en te disant que : Bien plus que Distorsion, c’est carrément JR Kobencröft qu’il faut découvrir.

Je veux pas lui foutre la pression ni rien, mais on sent clairement que c’est un auteur puissant qui prend tout juste conscience de son pouvoir et je pense qu’on est pas au bout de nos surprises avec lui !


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Voilà, j’espère que cela t’aura plu. À bientôt pour une prochaine lecture !

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