Publié dans Service presse

Outsphere – Guy-Roger Duvert

Afin de rendre mes chroniques toujours plus précises, j’ai décidé de créer un barème sur 100 points (merci les supers conseils de Tata Nexua !) afin de te donner une note plus détaillée. Tu peux retrouver la liste de mes différents critères ici.

C’est déjà la troisième fois que l’on retrouve Guy-Roger Duvert sur ce blog puisque, si tu te souviens bien, je t’avais déjà présenté Backup et Virtual Revolution 2046. On reste toujours dans un univers futuriste, mais cette fois nous allons quitter la Terre, direction… Eh bien, tu verras bien !


Style : SF / Planete Opera

Date de publication : 2019

Points barème : 83/100


DE QUOI ÇA PARLE ?

L’Arche représente l’espoir de l’humanité. Après avoir quitté la Terre, plus de 60ans auparavant, le vaisseau spatial arrive enfin aux alentours d’Eden, une nouvelle planète qu’il s’apprête à coloniser. Malgré quelques conflits avec la population locale, tout le processus se déroule assez bien. L’humanité peut de nouveau se développer.

Jusqu’au jour où un second vaisseau débarque. Ses habitants, bien que eux aussi Terriens, ne ressemblent en rien aux habitants de l’Arche. Génétiquement modifiés, ils semblent pouvoir communiquer entre eux par télépathie mais également posséder de nombreux pouvoirs.

Et puisqu’un danger ne suffisait pas, un étrange phénomène menace la survie de la colonie. Attaquée de toute part, l’humanité saura-t-elle créer un nouveau futur sur cette planète ?

QU’EST-CE QUE J’EN AI PENSÉ ?

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur pour sa confiance et l’envoi de son roman.

Le premier regard ( 13.5 points sur 15)

Franchement, comme toujours, la couverture des romans de Guy-Roger Duvert est magnifique, il y a pas à dire ! On te met une fois de plus directement dans l’ambiance et ce que j’aime beaucoup, c’est qu’il y a un petit élément qui vient te rappeler une scène du bouquin.

Pour le résumé, même s’il est un peu long à mon goût (je suis une grosse feignante et j’ai tendance à perdre ma motivation lorsque je vois une quatrième de couverture trop chargée), il pose très bien le cadre. Il t’en dit juste assez pour que tu saches exactement dans quoi tu t’embarques sans pour autant trop t’en révéler. L’équilibre est très bon.

Je reprocherais juste quelques petites fautes dans le roman (venant de moi, c’est comique, je sais !). Ce ne sont pas des fautes gênantes, loin de là, mais j’ai trouvé à plusieurs endroits des « et bien » au lieu de « eh bien ». Et comme j’ai découvert cette erreur assez récemment, bah, forcément, elle me saute aux yeux. Donc, pas de fautes dramatiques ou incroyables, mais simplement des petits points que tous les auteurs ont tendance à faire.

Ma lecture ( 56.5 points sur 70)

De la SF, un fois de plus, mais dans un autre univers !

Encore une fois, Guy-Roger Duvert tape dans la SF, mais là où ses deux autres romans nous présentent un univers assez similaire, Outsphere nous offre une ambiance différente. Déjà on se trouve non plus dans du cyberpunk, mais dans un planete opera.

Je tiens vraiment à préciser ce point : c’est un planete opera, et non un space opera. Je te définissais déjà la différence dans une vidéo, mais pour la faire courte, le space opera c’est une intrigue tournée autour d’une guerre intergalactique alors que dans un planete opera, les protagonistes vont découvrir une planète et se confronter à elle. Et ici, c’est exactement ce qui se passe.

Toute l’action gravite autour de la conquête d’Eden.

On découvre donc l’auteur dans un autre registre et c’est assez plaisant de quitter un peu le cyberpunk pour d’autres horizons. Une fois de plus, le cahier des charge est très bien rempli ! De la SF en veux-tu ? en voilà ! L’auteur multiplie les termes scientifiques tout en les amenant de façon à nous les rendre accessibles. Il maintient ainsi une sensation de technicité tout en ne nous perdant pas. En fait, c’est de la SF vraiment accessible, même à ceux qui ne sont pas habitués au genre.

Le monde est également très bien développé, avec les différentes espèces, plantes, les climats, les phénomènes naturels. On voit que tout a été pensé pour maintenir un vrai réalisme. Je trouve d’ailleurs que ce point est bien plus développé dans ce roman que dans les deux autres livres de l’auteur. D’un autre côté, tu vas me dire, dans VR 2046 et Backup, il nous présentait une société futuriste, là où dans Outsphere, on change carrément de planète. Donc oui, forcément, l’effort de création n’est pas le même !

Une analyse sociologique complexe et très bien faite

Je te disais donc que le monde était très bien développé, mais ce n’est pas tout. En fait, je ne suis pas spécialement sensible aux univers créés de toute pièce. Je sais reconnaitre un travail important comme c’est le cas ici, mais à titre personnel, ce n’est pas quelque chose qui va me fasciner. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est la sociologie et l’anthropologie. C’est comme ça !

Donc ici, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer le travail qu’avait élaboré l’auteur sur ce point. Tu retrouves pas mal de relations et de comportements que certains appelleraient peut-être « caricaturaux ». Mais pas à mes yeux. Pour moi, il s’agit d’une vraie analyse de ce qui pourrait en effet se passer dans une telle situation. Guy-Roger Duvert s’est basé (consciemment ou non, je ne sais pas) sur plusieurs théories que j’ai eu la chance d’étudier en sociologie. Alors oui, vu que c’est lié à une théorie, forcément, certains peuvent trouver cela stéréotypé (armée VS citoyen ; locaux VS envahisseur ; choc entre deux cultures…) mais pour ma part ce n’est pas le cas. C’est une des représentations logiques de ce potentiel futur.

La dynamique entre les différents groupes est bien développée et on la comprend assez vite. Ce qui aide vraiment à installer la tension dans le roman, c’est justement la diversité des relations et des conflits, ce qui forcément nous fait tourner la tête. D’où va venir le danger ? Qui attaquera le premier ? De qui doit-on se méfier ?

Une histoire riche

Alors, est-ce qu’on est sur une énième histoire de SF ? Oui et non. Oui, parce que comme je te le disais, le roman repose quand même sur des vraies théories sociales donc forcément, il y a un air de déjà vu dans la construction de l’univers SOCIAL du roman, mais pour ce qui est de l’intrigue, je trouve que le roman se démarque. On n’a pas un héro principal dont on va suivre la vie, on n’a pas un seul point de vue. En réalité, ce qui fait l’originalité de ce roman c’est l’angle d’attaque.

Sans faire de généralité (déjà parce que je connais mal ce registre, mais surtout parce que les généralités… Bah ça craint grave !) dans les romans planete opera, on retrouve souvent l’image du héro qui lutte contre le pouvoir ou contre la civilisation ennemie. On a son point de vue à lui et puis, si ce n’est pas un adolescent qui se rebelle contre les anciens, c’est un scientifique qui découvre que le gouvernement ment… Ici, tu as le point de vue des civils, du gouvernement, des militaires, des … Bref, tu as le point de vue de tout le monde.

Et tout ça t’offre pas mal d’intrigues secondaires et de complots qui pimentent l’histoire.

l’après-lecture ( 13 points sur 15)

Si je ne dis pas de bêtise, Outsphere est une duologie et il y a donc forcément une suite à ce premier opus. Comme tout bon tome 1 d’une saga, il te donne envie de lire la suite, forcément ! Mais il ne vient pas non plus te frustrer en restant trop mystérieux sur les éléments futurs. Je trouve que l’intrigue principale est très bien conclue et qu’on sent clairement que maintenant, la colonie va devoir affronter d’autres problèmes.

Le côté SF ressort énormément dans ce roman tant il est réaliste sur plusieurs aspects. Là dessus, tu ne seras pas déçu. Bien entendu, ma connaissance en astronomie et biologie est clairement nulle. Genre, tu vois le niveau de la mer ? Bah c’est en dessous, genre bien, bien, bien en dessous. « A touché le fond mais creuse toujours ». Du coup, tu me mets deux ou trois termes scientifiques et je suis convaincue direct ! Je ne peux pas parler au nom d’une personne qui connaitrait un peu le sujet, mais pour la néophyte que je suis, l’illusion est parfaite.


PÉPITE OU PAS PÉPITE ?

Alors, je ne suis pas non plus sur un coup de coeur et ce pour une raison simple : Je te disais que l’on ne suivait pas un héro principal mais plusieurs groupes d’individus. C’est un gros + pour découvrir le point de vue de tous, mais cela limite un peu les sentiments. On ressent moins les émotions des personnages, on s’attache moins à eux et on se sent moins investi dans leur vie personnelle.

On craint pour l’humanité, mais pas pour les hommes qui la composent. Et j’avoue que c’est quelque chose qui m’a légèrement manqué.

Après, très honnêtement, l’univers, la complexité de l’intrigue et des relations, l’ambiance, tout est là pour te faire oublier ce micro point. Et puis, tu ne peux pas dans un même temps te concentrer sur l’évolution d’une nation ET sur celle d’un individu. Il faut faire un choix narratif et l’auteur a choisi. Comme tous choix, il apporte ses avantages et ses inconvénients : ici, on ressent moins les émotions des personnages, par contre on voit vraiment tous les enjeux des différents clans du roman et la dynamique qui s’opère entre eux.


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Voilà, j’espère que cela t’aura plu. N’hésite pas à laisser ton avis sur la question. Si tu veux que j’aborde un sujet particulier, note-le en commentaire et je me ferais un plaisir d’en faire un article. À bientôt pour une prochaine lecture !

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