Publié dans Service presse

Là où l’herbe est plus verte – Typhanie Moiny

Afin de rendre mes chroniques toujours plus précises, j’ai décidé de créer un barème sur 100 points (merci les précieux conseils de Tata Nexua !) afin de te donner une note précise. Tu peux retrouver la liste de mes différents critères ici.

OK, alors si tu as lu mes précédents articles, tu sais que ma vision du Feel-Good change toujours plus à chaque roman que je découvre. Mais, là, j’ai vraiment vécu un gros virage avec ce livre.

Et moi qui croyait que le Feel-Good était un registre léger, une simple balade dans un monde bienveillant. Ici, c’est un vrai voyage que je te propose. Un voyage, certes dans un pays proche du notre, mais un voyage pourtant dépaysant !


Style : Feel-Good drame

Date de publication : 2020

Points barème : 95,5/100

Note : 5 sur 5.

DE QUOI ÇA PARLE ?

Elle en est certaine. Coline doit fuir. Elle doit fuir une relation toxique, des proches blessants, un présent terne, des crises d’angoisse omniprésentes. Elle doit fuir un quotidien qui la ronge depuis si longtemps.

Mais pour aller où ? Et surtout, pour quel avenir ?

Alors que le doute reste son plus fidèle compagnon, Coline décide de sauter le pas et d’accepter l’invitation d’Ashling, une jeune irlandaise qu’elle ne connait pourtant que depuis peu. Embarquée dans le premier avion direction l’Irlande, elle tentera de guérir ses blessures. Mais les frontières suffiront-elles pour la protéger de ses anciens démons ?

QU’EST-CE QUE J’EN AI PENSÉ ?

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure pour sa confiance et l’envoi de son roman.

Le premier regard (15 points sur 15)

Contrairement aux autres services presse, je dois t’avouer que je connaissais un peu l’auteure avant de découvrir son roman. Alors, je t’arrête tout de suite ! Si tu penses que ma chronique sera influencée par ce détail, détrompe-toi tout de suite. Sache que je serai toujours transparente et sincère dans mes chroniques !

Comme je te disais, je connaissais l’auteure avant le roman, mais cela ne m’a pas empêchée d’être totalement captivée par la couverture de son livre. Non, mais, quelle beauté ! En tant qu’auto-éditée, je suis la première à dire que l’auto-publication n’est pas gage de moins bonne qualité que le travail d’une maison d’édition, mais s’il te faut un exemple pour te convaincre, le voici !

Pour moi, la première découverte du roman est un sans faute ! Il attire tout de suite le regard, le résumé intrigue et il nous promet tant qu’on ne peut hésiter longtemps.

Ma lecture (65,5 points sur 70)

C’est bien beau l’emballage, mais si le contenu est fade, on ne va pas aller bien loin ! Pire, si l’intrigue n’est qu’un ramassis de stéréotypes, ça sera difficile à avaler… Et bien rassure-toi. Pas de couleuvre à gober, pas de grincement de dents, bien au contraire.

L’émotion

Dès le début, j’ai senti que ma lecture allait être intense. Je suis le genre de personne à ne pas lâcher prise et à avoir du mal à ressentir les émotions. Pour me faire pleurer, il faut y aller (si tu te souviens bien, seule Amandine Peter a réussi cet exploit pour l’instant !). Alors, quelle n’a pas été ma surprise lorsque j’ai dû arrêter ma lecture au bout de 40 pages. Trop d’émotions. Juste une trop grosse vague à laquelle je ne m’étais pas préparée. J’ai dû prendre une journée pour comprendre ce que je ressentais et me calmer. Et tout ça grâce à la qualité de la plume de l’auteure.

Alors oui, le début peut-être dur à lire si tu ne t’y prépares pas. Pourtant, il n’y a aucune scène choquante, rien de gore, rien de violent. Juste des émotions pures. Et puis l’auteure n’est pas trash, bien au contraire, elle a une plume douce. Alors pourquoi ressentir une aussi grosse claque ? Parce que c’est d’une sincérité déconcertante.

Coline, une femme comme une autre

Et ça, tu vas le retrouver tout le long du roman. Tout est crédible, tout est véridique. Aucune romance, aucune exagération. Et c’est ça justement qui te permet de te mettre à la place de Coline.

Dès le début, tu cernes le personnage. Les mots qu’elle utilise pour se décrire, les réflexions qu’elle se balance, les craintes qu’elle a… Tout te permet de comprendre dès le début que tu n’as pas affaire à ce qu’on appelle une Mary Sue (ou en gros, une femme parfaite). Coline a des défauts (et pas des faux défaux. Tiens, c’est marrant à dire rapidement, ça. « Des faux défaux »… bref !). Elle n’est pas parfaite et elle fait des erreurs, comme tout le monde. Mais ce n’est pas tout ! Elle n’accuse pas la terre entière de son malheur. Elle sait qu’elle peut y remédier et que c’est par elle-même que doit venir le changement.

Loin du sénario habituel

L’histoire de Coline n’est pas celle d’une reconstruction. Non, là on serait trop dans le vu et re-vu. Je dirais même on serait dans le cliché ! Pourtant, tous les éléments du genre étaient réunis : une femme ronde pas sûre d’elle à cause d’un conjoint pervers narcissique et d’un père qui a déserté le domicile familial. Une incapacité à tomber enceinte alors que l’horloge biologique tourne. Ajoute à cela un voyage dans un pays étranger et ça te donne un roman tout tracé :

  • Etape 1 : La jeune femme reprend confiance en soi et maigrit.
  • Etape 2 : Elle rencontre un beau irlandais dont elle tombe follement amoureuse malgré son côté bad boy.
  • Etape 3 : Après une petite dispute, ils se réconcilient et fondent une famille.

Oui, sauf que ça, c’est pas la tasse de thé de Typhanie Moiny ! Elle a pris tous ces stéréotypes et te les a jetés à la corbeille.

Déjà, on est sur un Feel-Good drama, donc bien plus sombre que ce que tu pourrais imaginer pour le genre. Ensuite, l’auteure se joue des stéréotypes. Elle te les présente les uns après les autres pour mieux les démonter au moment voulu. Sur ce même schéma, elle nous présente tous ces idéaux qu’on nous martèle dès notre plus tendre enfance, jusqu’à ce que Coline se rende compte de leur invraisemblance. Alors commence chez notre héroïne un travail de déconstruction pour finalement recréer une réalité qui correspond à ses réflexions et non plus à celles de son entourage.

Et c’est là que réside le message de ce roman : Pour espérer se reconstruire, il faut d’abord se déconstruire. Repartir sur des bases saines. Entre le Feel-Good et le développement personnel, ce roman est vraiment l’exemple parfait de ce qu’un livre peut apporter dans le cadre d’une bibliothérapie.

Coline assume ses erreurs

Ca peut paraitre tout bête, mais j’ai énormément apprécié ce point. Si au départ je trouvais Coline trop injuste envers elle-même, au fur et à mesure du roman, elle apprend à s’aimer, mais surtout à reconnaitre autant ses qualités que ses défauts.

Elle comprend qu’elle peut parfois être aussi fautive qu’elle a été la cible d’une situation, que les torts sont partagés. Et là, du coup, elle sort de la condition de victime où l’on adore plaquer les femmes. Elle n’est pas la victime, parce qu’elle est également parfois à l’origine de la situation, soit par sa passivité, soit par ses emportements. Mais en tout cas, elle peut changer les choses. C’est tout ce qui fait la force de ce personnage et ce qui nous permet tant de nous identifier à elle.

Ça aurait été tellement simple de nous montrer une pauvre Coline contre laquelle tout le monde s’acharne. Une Coline qui, finalement, n’étudie que sa vision et ne voit pas au-delà. Mais non ! L’auteure a tenu à nous montrer sa force, tant dans son courage que dans ses côtés moins reluisants.

Oust le Prince charmant !

Alors, si je te dis « Feel-Good » tu penses « romance ». Grossière erreur ! Oui, il y a souvent de la romance dans ce registre, mais ces deux styles sont bel et bien distincts. Ainsi, tu peux trouver du Feel-Good sans mamour dégoulinant. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de romance et je ne dis pas non plus qu’il y a de la romance (Quoi ? Moi, essayer de t’embrouiller ? Jamais !). Pour éviter tout spoil, je tairais la situation amoureuse de Coline, mais sache juste qu’on est loin du schéma de la gentille fille qui se reconstruit grâce à l’amour.

Alors, non. Je mens ! Coline se reconstruit bien grâce à l’amour, mais à celui qu’elle arrive à se porter. Parce que c’est ce message, si simple et pourtant si efficace que t’offre ce roman : Comment veux-tu aller mieux si tu ne t’aimes pas ?

Je trouve que l’on a beaucoup à apprendre de Coline : ses réflexions, son humilité, son travail de déconstruction, son courage, sa force… Je vais m’arrêter là parce qu’il le faut bien, mais il y a tant à dire sur ce personnage.

Coline n’est pas seule

On va être honnête l’un envers l’autre maintenant qu’on se connait bien toi et moi… Le développement personnel, le Feel-Good… Comment dire ça ? Ça a parfois un petit goût d’égocentrisme. Alors, il n’y a aucun mal à cela ! D’ailleurs, le Bouddhisme t’explique que pour être altruiste il faut d’abord passer par une phase égocentrique afin d’aller mieux. Mais disons que les fictions de ce genre peuvent parfois être un poil nombrilistes et se concentrer uniquement sur le personnage principal.

Ici, l’auteure nous apporte plusieurs intrigues secondaires qui ne sont pas forcément liées à Coline. Elle nous montre d’autres personnages également en phase de reconstruction et celle de Coline passe par l’aide qu’elle apporte à ses proches. C’est un très beau message.

Le voyage

Bon, dernière section, parce que sinon cet article n’en finira jamais (oui, ce roman m’inspire vraiment) : Le voyage. Parce qu’à la base, je t’ai vendu ce bouquin comme un départ vers l’Irlande. Alors qu’en est-il ?

J’ai voyagé. J’ai vécu trois mois en Irlande, donc je connais un peu le pays mais pourtant, j’ai réellement voyagé et (re)découvert cette région. J’ai souri face aux souvenirs qui me revenaient, j’ai respiré au rythme des bols d’air frais pris par Coline. Bref, j’ai été transportée et pourtant il ne s’agit « que de l’Irlande ». Un pays plutôt proche du notre et que je connais déjà de surcroit !

l’après-lecture (15 points sur 15)

On commence par l’effet Feel-Good. Je te disais que le roman était sombre et que le drame y a sa place. Mais cela n’empêche pas à l’effet Feel-Good d’être totalement respecté. En tournant la dernière page, tu te sens plein d’assurance et d’envie de te battre comme Coline.

La promesse de voyage est également respectée et ça, j’y tenais réellement. Là, Typhanie Moiny a réussi le challenge haut la main.


PÉPITE OU PAS PÉPITE ?

Depuis que j’ai établi mon nouveau barème, je n’ai jamais attribué une note aussi élevée, alors, est-ce que j’ai réellement besoin de répondre à cette question ?

C’est de notoriété publique, je suis une personne qui ne supporte pas les histoires d’amour et même si je commence à me pencher sur la littérature blanche ou le Feel-Good, ce n’est toujours pas ça. Et pourtant, ici, j’ai adoré. J’ai vraiment été captivée par la sincérité de l’auteure. Je pense que son message résonnait particulièrement pour moi, parce que j’y ai retrouvé un peu de mon histoire, de celle de mes proches… Bref, c’est un sujet qui me touche. Alors je ne te dis pas que tu seras autant transporté que moi si tu n’es pas un minimum sensibilisé aux problèmes de Coline.

Mais si son histoire te parle, je pense que ce roman peut t’aider à prendre du recul sur ta propre situation et, à l’image de Coline à te reconstruire également.

Le gros plus de ce roman, c’est également son humour. Alors, ne t’attends pas à un one-woman show avec un grand warning annonçant chaque vanne, mais ça et là, l’auteure a posé des petites notes d’humour légères et discrètes qui viennent vraiment rythmer le roman. Donc si le drame et le sérieux te font peur, sache que j’ai rigolé plusieurs fois durant ma lecture.


OÙ TROUVER LE ROMAN ?

Déjà, tu peux te le fournir sur Amazon. En attendant, tu peux retrouver son actualité sur son site Internet, ses différents réseaux sociaux (Facebook, Instagram)

Voilà, j’espère que cela t’aura plu. N’hésite pas à laisser ton avis sur la question. Si tu veux que j’aborde un sujet particulier, note-le en commentaire et je me ferais un plaisir d’en faire un article. À bientôt pour une prochaine lecture !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *