Route de nuit – Simon Perdrix

Afin de rendre mes chroniques toujours plus précises, j’ai décidé de créer un barème sur 100 points (merci les supers conseils de Tata Nexua !) afin de te donner une note plus détaillée. Tu peux retrouver la liste de mes différents critères ici.

Alors, du Simon Perdrix, tu en as déjà bouffé avec moi ! Bah oui, je te rappelle que j’ai déjà chroniqué les deux premiers tomes de sa trilogie ici et ici (clique sur le lien, si tu l’oses !). Mais comme je suis une gue-din, j’ai décidé de finir ma tournée Simoninou avec son premier livre !

Ouais, je l’ai surnommé Simoninou, mais c’est parce qu’il fait le mec « Je suis le seigneur des Ténèbres », mais au fond de lui il y a un petit cœur qui bat… Après, j’ai pas dit que c’était le sien !


Style : Recueil de nouvelles / Horreur

Date de publication : 2019

Points barème : 90.5/100


DE QUOI ÇA PARLE ?

Partir sur les routes… C’est une image qu’on associe pas mal à la liberté, au renouveau. On largue toutes les attaches et on met les voiles, que ce soit pour toujours ou pour le temps d’une simple journée. Oui, mais voilà, attention aux rencontres que nous ferons sur notre chemin…

Il y a certains endroits qu’il vaudrait mieux éviter. Et puis si vous insistez vraiment, je n’aurais que ça à vous dire : à vos risques et périls.

QU’EST-CE QUE J’EN AI PENSÉ ?

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur pour sa confiance et l’envoi de son roman. Je redis encore une dernière fois que j’ai gagné ce bouquin pendant le concours de Noël sur Twitter ou l’info est bien passée ?

Le premier regard (13.5 points sur 15)

J’aime beaucoup la simplicité de cette couverture et surtout la photo que je trouve vraiment dans le thème. On comprend direct que ça va être sombre cette histoire. Je sais pas si c’est fait exprès ou non, mais l’encadré jaune avec ce texte noir, ça m’a direct fait penser aux bandeaux que tu retrouves autour d’une scène de crime. Ouais, je suis peut-être la seule tarée à y avoir pensé.

Pour ce qui est du résumé, rien à redire ! Franchement tu sais à quoi t’attendre donc tu peux pas jouer les prudes effarouchées en lisant le recueil. Manquerait peut-être un petit TW (non, je déconne, mais je voulais faire chier Simon !)

Ma lecture (63 points sur 70)

Simon, auteur de romances…

On rigole, on rigole, mais Amazon a quand même classé Simon en romance et… Bah, en regardant de + près, c’est pas si déconnant que ça. Attends deux secondes que je m’explique avant de me lancer des poignards à la figure ! Bien sûr que non, Simon n’écrit pas de la romance, mais il n’empêche que les relations homme/femme, c’est un thème assez récurrent chez lui.

On est clairement pas sur des histoires d’amour dégoulinantes, et pour être honnête, on est même carrément PAS DU TOUT sur des histoires d’amour. Au mieux, Simon nous décrit des relations obsessionnelles et toxiques, au pire, ce sont de simple one-shot derrière une poubelle. Mais toujours est-il qu’il nous parle presque quasi systématiquement de l’attraction sexuelle entre deux individus. Et ça, c’est un truc que j’avais déjà repéré dans ses romans. Il faut croire que c’est son sujet de prédilection.

Redondant, tu me dis ? Pas du tout ! Parce que là où certains ne nous serviraient qu’un et un seul même schéma au point de lui donner des relents de vomi pré-mâchés, Simon se renouvèle à chaque fois. Mieux encore, les dynamiques sont différentes pour chaque histoire. Un coup le pouvoir de domination se trouve du côté de la femme, un autre de l’homme et surtout, il aborde différentes relations.

Et attention, c’est là que ça devient casse-gueule mon histoire : il parle de relation entre homme et femme. Tu as bien saisi ? De relation ! Donc à aucun moment, je n’ai précisé que ces relations étaient saines ou encore consenties par les deux parties… C’est bon, tu comprends ce que je veux dire ? Ouais, je vais pas rentrer dans les détails pour pas te spoiler, mais Simon aborde le sujet du viol du point de vue des deux parties. Et je salue la performance, parce que c’est horriblement bien réalisé.

Bon, tu as compris, la romance, c’est pas vraiment ça dans ce recueil !

De l’horreur, en veux-tu, en voilà

A la base, c’est quand même un recueil d’horreur, donc même si on te parle de relation charnelle, est-ce que ça fout les pétoches ? Alors, en fait, les relations de cul foutent les pétoches aussi, on va pas se mentir ! Clairement, si tu as besoin de te convaincre que le célibat et l’abstinence, c’est cool, fonce !

Non, mais même en dehors de ça, il y a vraiment une ambiance horrifique, et ça passe par l’environnement, mais aussi les personnages. On retrouve encore et toujours un début de cliché pour qu’il soit ensuite détruit à la hache par Simon Perdrix. C’est un peu sa marque de fabrique, après tout.

Dans ce recueil, et du coup, contrairement à ses romans, je dirais que les codes du genre sont + présents. On ressent vraiment l’inspiration des années 80-90. Décidément, pour moi Simon est vraiment un auteur nostalgique d’une époque passée et pour tous ceux qui aiment cette ambiance, c’est la meilleure façon de voyager dans le temps.

J’ai vraiment aimé la façon dont il faisait monter la pression, petit à petit pour finir dans un vrai feu d’artifice. Le final de chaque nouvelle vaut vraiment le détour.

Et il y avait un fil rouge !

J’adore les recueils avec un lien entre les nouvelles. Et ici, ce lien, tu le devines au fur et à mesure. Ça commence par cette petite ville que tu retrouves toujours sur la route des personnages. Et puis vient le tour des faits divers, des personnages eux-même qui réapparaissent çà et là.

La comparaison est ultra pétée, je te préviens tout de suite, mais j’ai eu une petite impression « Dôme » de Stephen King. Genre, cette ville, elle pue grave l’embrouille et tu y suis différents protagonistes pour qu’au final, leurs histoires se recoupent par moment.

Et pourtant, même avec ce fil rouge et ce cadre similaire, Simon arrive à te faire 6 nouvelles au style totalement différent. OK, on est sur de l’horreur, mais le truc c’est que tu pars du fantastique pour te retrouver dans de la névrose bien réelle. Chaque nouvelle a ses propres règles niveau environnement et ça rend le recueil super riche.

L’après-lecture (14 points sur 15)

J’ai vraiment apprécié ma lecture, et j’ai retrouvé la signature de l’auteur dans sa dynamique, ses thèmes abordés mais… pas tant que ça dans sa plume ! Route de nuit est son premier livre publié et je ne sais pas du tout s’il est également son premier écrit. Pour ma part, j’ai publié mon recueil en premier, mais c’est bien mon roman qui a été clôturé en premier !

En tout cas, je trouve que la plume a muri entre les deux. Dans Route de nuit, on commence à sentir naitre le style si caractéristique de Simon Perdrix, mais il n’est pas encore mûr et marquant comme il peut l’être dans sa trilogie.

Bon, après, très honnêtement, que ce soit pour l’un ou pour l’autre, j’aime tout autant la plume de l’auteur, parce qu’au final il y a une même base. Cette lecture a vraiment fait son taff de recueil d’horreur et même au-delà de mes espérances. Simon ose. Il veut écrire un truc, il l’écrit et fuck la censure, il y en a pas quand on est auto-édité, de toute façon !

On sent que c’est écrit avec les tripes et surtout que l’auteur prend des risques et j’aime ça.


PÉPITE OU PAS PÉPITE ?

C’est un très bon recueil d’horreur. On y retrouve l’hémoglobine, la tension, le cash et aussi le trash qu’on attend du genre. Clairement, je le conseillerai pas à tout le monde, parce que comme je disais, ça prend aux tripes, donc si tu n’es pas prêt à lire quelque chose d’aussi violent, c’est mal barré.

Et quand je parle de violence, ce n’est pas simplement un couteau dans le bide et des corps éviscérés. Non, parce que la violence peut prendre tout un tas de formes et ce ne sont pas les plus visuelles qui sont forcément les plus marquantes.

Pour ma part, une scène en particulier a été très dure à lire, au point où j’en ai eu mal au ventre. Est-ce que c’était une scène de torture ? Non. Est-ce qu’il y a avait une explosion de violence ? Non. Est-ce que ça venait des propos des personnages ? Non. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais Simon a réussi l’exploit de nous faire vivre un crime au travers de son exécuteur. Il a réussi à retranscrire le manque de scrupule, voir même la jouissance de ce dernier. Il a « banalisé » le crime, exprès pour qu’on soit encore + rebuté par lui. Et ça marche. Ça marche tellement, que l’on ressent l’émotion de haine et d’impuissance comme si ces faits étaient réels. Si tu n’es pas prêt à vivre ça, je ne te conseille pas de te lancer dans l’aventure.


OÙ TROUVER LE ROMAN ?

Comme toujours, je te mets le lien pour te fournir le roman sur Amazon. Tu peux également suivre l’auteur (fais-le !) sur son site ou sur les réseaux sociaux (Instagram, Twitter).

Et si tu succombes à ce roman, tu peux laisser ton avis sur Amazon, mais aussi sur Babelio. N’oublie pas, un commentaire, c’est un auteur et un lémurien sauvés !

Voilà, j’espère que cela t’aura plu. À bientôt pour une prochaine lecture !

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