L’Enterrement – Daphné Milpiet

Afin de rendre mes chroniques toujours plus précises, j’ai décidé de créer un barème sur 100 points (merci les supers conseils de Tata Nexua !) afin de te donner une note plus détaillée. Tu peux retrouver la liste de mes différents critères ici.

C’est déjà la dernière chronique de 2020 ! Ouah, ce que le temps passe vite… Mais ne t’en fais pas, on va finir l’année en beauté avec « L’Enterrement » de Daphné Milpiet.


Style : Polar

Date de publication : 2020

Points barème : 82/100


DE QUOI ÇA PARLE ?

Albert Dupont est mort à 60 ans. Ça arrive, mais ce qui reste tout de même plus atypique, c’est qu’il a été assassiné ! Bon, il faut bien reconnaitre qu’il n’avait pas que des amis dans sa petite ville de province, donc forcément, ça choque sans trop étonner.

Pourtant, au détour de leur enquête, les policiers vont vite s’apercevoir que le meurtrier semble bien plus proche de la victime que ce que l’on pourrait croire… Le meurtrier… Enfin, la meurtrière ! Quelle femme de la famille Dupont aurait pu commettre un tel crime ?

Si toutes ont un mobile, une seule a exécuté cet enfoiré. Chacune accusera l’autre et l’équilibre de la famille, déjà fragile, va basculer au fil de l’enquête.

QU’EST-CE QUE J’EN AI PENSÉ ?

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure pour sa confiance.

Le premier regard (13,5 points sur 15)

Pour moi, « L’Enterrement » fait partie de ces romans qui ne paient pas forcément de mine au premier regard alors qu’ils sont bourrés d’originalité ! Lorsque l’on découvre le résumé, on comprend très vite l’intrigue et là-dessus, on n’est vraiment pas mené en bateau. Le résumé te donne une bonne idée de ce qui se déroulera lors du roman et tu sais directement que tu vas lire un polar (et non un thriller ! D’ailleurs, si tu ne sais pas la différence, sache qu’une vidéo sortira dessus le mois prochain).

A la couverture aussi tu comprends vite le genre. Alors pourquoi je te dis que ça ne paie pas de mine ? Eh bien tout simplement parce que ce n’est pas qu’un polar. Lorsque j’ai dû renseigner le genre en début de chronique, j’ai hésité à ajouter la mention « polar humoristique » parce qu’il y a un vrai aspect « humour noir » et « cynique » à ce roman. Et vu comme ça, tu devines pas forcément.

Je dirais même que la photo en noir et blanc et l’écriture rouge peuvent te mener vers l’horreur ou en tout cas un environnement très sombre.

Ma lecture (55.5 points sur 70)

Ce n’est pas un thriller, bordel !

Alors, les gens font souvent l’erreur et confondent « thriller » et « polar ». Oui, un polar peut-être un thriller, mais il n’en pas pas systématiquement un. Et ici, on n’a pas affaire à un thriller, mais bien à un polar. Du coup, je t’entends déjà me réclamer la différence entre les deux genres. Encore une fois, je rentrerai plus dans les détails le mois prochain en vidéo, mais en attendant :

  • Dans un polar, l’intrigue tourne autour de l’identité du tueur. Le but premier du personnage principal est de démasquer l’assassin.
  • Dans un thriller, l’enquêteur ou le héro cherche à contre-carrer les plans du « méchant ». Le but premier du personnage principal est d’empêcher un crime.

Et ici, tu es sur un polar puisque tu sais d’office que le crime est personnel. Et je dirais même que tu es presque sur un roman de détection. Là, par contre je t’avais déjà parlé de ce genre en vidéo. Le roman de détection te permet de mener l’enquête en même temps que la police. Tu as des indices et tu peux assembler les pièces du puzzle toi-même.

Dans le même genre, tu as Agatha Christie, Sir Arthur Conan Doyle (Sherlock Holmes, en gros…) ou encore Catherine Secq dont je t’ai souvent parlé.

Bref, une enquête que tu vis vraiment. Et pour ma part, j’avais un léger doute au sujet du meurtrier, mais je dois avouer que mes soupçons sont apparus à seulement quelques pages de la fin. Pendant tout le roman, je me suis fait baladée en beauté par l’auteure et je n’y ai vu que du feu ! Ce n’est pas prévisible.

Voir et être vu

La structure du roman est vraiment atypique. Pour la faire courte, tu as plusieurs suspects dès le début, (on va dire 4 pour arrondir les angles) et donc, l’auteure a choisi de diviser son roman en quatre parties, chacune étant narrée à la première personne par une des quatre suspects. Originale, non ?

Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est que chacun des personnages est décrit par les autres, et parfois on peut observer qu’il y a une sacrée différence entre la façon dont une des femmes peut se décrire elle-même et la vision qu’on les autres personnages d’elle. Il faut dire ce qu’il est, il y a parfois une bonne dose de mauvaise foi chez ces femmes et on le remarque justement grâce aux différents points de vue. Ça illustre parfaitement le fameux « il y a toujours deux versions à une histoire ».

J’ai beaucoup apprécié cette particularité, parce qu’au final, tu peux revivre certaines scènes différemment.

Autre point : ce n’est pas parce que tu vois le point de vue de Micheline, qui accuse Jacqueline, que tu es convaincu de son innocence. Et ça c’est fort ! En fait, comme tu comprends très vite que certains personnages sont de mauvaise foi et arrangent la vérité, tu te dis qu’ils peuvent très bien te mentir en accusant une autre et si ça se trouve, ils te donnent peut-être de mauvais indices ! En gros, c’est une enquête policière dans les vraies circonstances : Tu ne peux pas te fier à 100% aux dires des personnages.

Humour noir et un cynisme à toutes épreuves

Alors, ne te détrompe pas, ce roman détient sa part d’ombre, sans aucun doute, mais la plupart du temps, le cynisme est très fort et vient te faire sourire durant ta lecture. C’est cru, c’est direct, c’est cash. Bref, j’ai beaucoup aimé ce roman sans tabou.

Plusieurs sujets très lourds sont abordés (je ne peux malheureusement pas te dire lesquels sans te spoiler le bouquin), mais l’auteure a réussi à dédramatiser tout ça. Alors oui, ce sont des sujets chocs et elle ne minimise à aucun moment leur gravité, mais le ton cynique et l’enchainement des punchlines viennent vraiment rendre l’ambiance moins sérieuse et mélodramatique.

C’est un polar noir mais cinglant et on adore ça ! D’ailleurs, pour la petite histoire, durant ma lecture, j’ai pour habitude de prendre en photo les phrases que je mettrai peut-être en citation dans mon article. A la fin, je choisis souvent entre deux ou trois maximum. Ici, j’en avais + de 10 ! J’avais limite envie de toutes les mettre et ça a été très compliqué de trouver ma punchline préférée !

l’après-lecture (13 points sur 15)

Il s’agit donc du primo-roman de l’auteure et même si on sent parfois quelques petites hésitations, on comprend très vite en tournant la dernière pages que Daphné Milpiet est bourrée de talent ! Franchement, je n’ai pas du tout trouvé l’explication finale tirée par les cheveux, toutes les pièces du puzzle s’assemblaient parfaitement bien et surtout, lorsque tu as fini ta lecture, tu as le seum (oui, j’utilise encore cette expression, et alors ?). Tu as le seum parce que c’est un primo-roman et qu’il n’y en a pas encore d’autres. Parce que franchement, la plume, la répartie et puis le talent tout simplement de l’auteure te donne envie de lire d’autres de ses bouquins. Va falloir attendre, mon pote.

Le seul reproche que je pourrais lui faire c’est sa taille. Le roman est trop court à mon goût (175 pages). Alors, après c’est vrai que les romans de détection ont tendance à être assez courts de manière générale, donc ça correspond au registre, mais j’aurais pas dit non pour quelques répliques cinglantes en plus.


PÉPITE OU PAS PÉPITE ?

C’est une pépite ! D’ailleurs, je n’ai pas encore réfléchi aux deux romans que je vais annoncer comme « coup de coeur de Décembre 2020 », mais je pense que « L’enterrement » en fera partie… Non, je vais être honnête : Je sais qu’il en fera partie.

Encore une fois, c’est un primo-roman et ça se sent mais ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas génial. Je me dis que si l’auteure est capable de nous pondre un roman aussi complet dès maintenant, ça promet pour le futur. Pour moi, Daphné Milpiet est faite pour l’écriture et c’est une auteure à surveiller de près. Elle est très douée pour établir un scénario crédible et costaud, ce qui est un excellent point pour le registre actuel. Mais ce qui me convainc plus encore, c’est sa plume. J’y trouve pas mal de qualité et ça me conforte dans l’idée que polar ou non, Daphné Milpiet peut te happer dans son univers. Alors, même si son prochain roman n’est pas un policier, je lui fais totalement confiance !


OÙ TROUVER LE ROMAN ?

Comme toujours, je te mets le lien pour te fournir le roman sur Amazon. Tu peux également suivre l’auteure (fais-le !) sur son site ou sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram).

Le lien Amazon est affilié, ça me permet d’avoir une commission. En utilisant ce lien, tu soutiens mon travail et me permet de pouvoir investir dans de nouveaux projets !

Voilà, j’espère que cela t’aura plu. N’hésite pas à laisser ton avis sur la question. Si tu veux que j’aborde un sujet particulier, note-le en commentaire et je me ferais un plaisir d’en faire un article. À bientôt pour une prochaine lecture !

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