Publié dans Service presse

A la Recherche de Mary Easterway – Kristof Mishel

Afin de rendre mes chroniques toujours plus précises, j’ai décidé de créer un barème sur 100 points (merci les précieux conseils de Tata Nexua !) afin de te donner une note précise. Tu peux retrouver la liste de mes différents critères ici.

Aujourd’hui, on revient aux sources avec ce roman. On se retrouve dans un style et un registre qui collent bien plus à mes lectures habituelles. Alors, j’ai adoré découvrir de nouveaux horizons, bien sûr, mais qu’est-ce que ça fait du bien de plonger à nouveau dans un univers aussi… aussi… Tu sais quoi ? Je vais tout t’expliquer dans cette chronique !


Style : Thriller psychologique / Roman Policier

Date de publication : 2020

Points barème : 95/100


DE QUOI ÇA PARLE ?

Mary Easterway est l’une des écrivains les plus connus au monde. Ses romans sont d’indéniables best-sellers et sa productivité est sans faille. Certains iront jusqu’à dire qu’elle est à l’origine d’un des plus grands romans de l’histoire de la littérature.

Mais voilà, un beau jour, Mary Easterway est assassinée à son domicile et un épais mystère plane sur sa disparition. Qui pouvait lui en vouloir à ce point ? Pour quel motif l’a-t-on agressée ? Et surtout, comment l’assassin a-t-il pu disparaitre sans laisser de trace ?

Derrière elle, Mary ne laissera pas que des questions, mais également une petite boîte. Une boîte dont héritera son fils, Gary. Et si toutes les réponses se trouvaient dedans ? C’est donc à la recherche de la vérité que Gary retracera les pas de sa mère, de sa rencontre en 1987 avec trois mystérieux étudiants en littérature, jusqu’au jour de sa mort.

QU’EST-CE QUE J’EN AI PENSÉ ?

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur pour sa confiance et l’envoi de son roman.

Le premier regard (14 points sur 15)

Alors, la couverture attire tout de suite l’œil. Pas de couleurs criardes, pas de personnages dénudés ou torse nu, pas de titre racoleur et pourtant, on s’arrête facilement sur ce roman. La couverture est très originale puisqu’elle nous donne l’impression de tenir un vieux manuscrit et qu’elle nous dévoile les premières lignes de l’intrigue !

Lorsque l’on découvre ce roman et qu’on le tient entre nos mains pour la première fois, on se laisse porter par la mise en scène et il nous semble que l’on détient le vrai manuscrit que parcourt Gary durant son périple. Dès la première rencontre, on est plongé dans l’univers du roman et c’est un point que j’apprécie beaucoup. Je lis énormément en ce moment, donc tout ce qui peut m’offrir une expérience de lecture originale, je prends !

PS : Pour la petite histoire, l’exemplaire que j’ai reçu a été un peu malmené avant d’arriver jusqu’à moi. Il était légèrement corné mais surtout, lors de l’impression (je suppose) des pages avaient été pliées. Habituellement, c’est un point qui aurait pu faire pleurer mon petit cœur (on touche pas aux livres !), mais ici, ça n’a fait qu’augmenter la sensation « vieux manuscrit » et j’avoue que j’ai adoré ce hasard ! J’en suis presque venue à aimer cet exemplaire-là à cause de son petit défaut et je ne le changerais pour rien au monde. Voilà, ça n’avait aucun rapport avec le roman en lui-même, mais je tenais à partager cette anecdote.

Ma lecture (66 points sur 70)

Un roman qui prend vie

Visuellement, tu as très vite l’impression de tenir un vieux manuscrit entre tes mains, mais c’est toujours le cas lorsque tu plonges dans le récit. Il y a différentes parties dans ce roman et tu alternes vite entre récit pur à la troisième personne et passage du journal de Mary.

A force, tu dois connaitre mon amour pour les romans aux différents styles narratifs, mais ici l’exercice est extrêmement bien effectué. Chaque partie est assez longue et tu as réellement le temps de t’imprégner de la nouvelle ambiance, de la nouvelle façon de narrer.

Tu es totalement happé par le roman. Pour ma part, lorsque je découvrais le journal de Mary, je ne lisais pas seulement ses écrits, non ! J’avais l’impression d’être dans la même pièce que Gary et de capter ces lignes au-dessus de son épaule, de suivre et de découvrir les révélations avec lui.

Pour moi, c’est un livre qui prend vie par son pouvoir immersif. Et puis, il faut bien avouer que la narration y est fortement pour quelque chose ! Si la plupart du temps on est sur une narration « classique » parfois, le narrateur omniscient s’adresse plus ou moins directement au lecteur. Je n’ai plus la phrase sous les yeux, mais il me semble que l’auteur utilise une expression du style « Pour des raisons que nous aborderons plus tard… » ou quelque chose de ce goût-là. Alors, c’est discret et surtout c’est assez rare finalement, mais le peu de fois où l’auteur le fait, on se trouve de nouveau pris à partie par lui et cela nous ancre plus encore dans notre lecture. On fait réellement partie du récit.

Finalement, qui lit le journal de Mary : Gary ? Toi ?

Quel registre ? Quel style ? Quel… Quoi ?

Lorsque j’ai dû, en début d’article, noter le registre du roman je me suis un peu arraché les cheveux. Indéniablement, au début on part sur un thriller psychologique et une enquête policière : Une écrivaine est assassinée, qui est le coupable ? Mais très vite, tu comprends que cela va plus loin.

Des éléments fantastiques s’ajoutent à l’intrigue. OK, d’accord. Donc on est sur du fantastique ! Noté.

Et puis, finalement, ces éléments trouvent une explication rationnelle. OK, donc, pas fantastique.

Et puis, il y a cette point de SF qui arrive.

Non, finalement c’était bien du fantastique ! A moins que…

Bref, tu l’auras compris : L’auteur joue avec toi tout le long du roman. Et c’est vraiment génial. J’aime être surprise, j’aime qu’on m’emmène dans un chemin pour me faire comprendre qu’on me bernait depuis le début. Le pire dans tout ça, c’est que jusqu’à la dernière page (je dirais presque même jusqu’au dernier paragraphe) tu n’as toujours pas le fin mot de l’histoire !

Des personnages profonds (sans mauvais jeu de mot)

Les personnages sont assez complexes et très bien étudiés. Alors, pour ma part, j’ai ressenti moins d’intérêt pour Gary, mais je pense que cela vient de l’angle narratif. Comme je te le disais, j’avais l’impression de découvrir Mary au dessus de l’épaule de Gary. Il ne faisait pas partie du récit, mais était réellement à mes côtés pendant la lecture. Du coup, je l’ai moins observé. Et puis, Mary est un personnage si captivant qu’elle laisse peu de lumière aux autres.

Tous les personnages sont très bien travaillés, et rien n’est laissé au hasard, mais Mary… Mary ! Cette femme est aussi courageuse que dérangée, aussi douce que psychopathe. Elle est à la fois l’ange et le démon. Elle est vraiment fascinante. J’ai adoré tous les passages qui la mettaient en avant et j’ai adoré l’admirer autant qu’elle a pu me dégouter. Encore une fois, l’auteur retourne sans cesse ton cerveau et tu n’arrives pas à fixer ton avis.

Un livre que l’on déguste

Lorsque j’adore un roman comme ça peut être le cas ici, j’ai tendance à le dévorer en peu de temps. mais ici, je ne voulais surtout pas faire cette erreur. Bon, déjà je voulais repérer tous les petits détails, parce qu’il m’agaçait Kristof Mishel à me mener en bateau comme ça ! J’étais persuadée que j’allais trouver l’entourloupe, que j’allais découvrir le pot-aux-roses… Mais nope. Jamais. Pas une fois je ne l’ai vu venir avant !

Et en réalité, j’ai aimé ça. Mais je voulais quand même au moins une fois pouvoir dire « Je le savais ! ». Alors j’ai pris mon temps pour le lire. Et puis, comme je te disais, ce n’est pas simplement un roman ou une intrigue, c’est une vraie expérience. Alors tu lis lentement, pour pouvoir à la fois profiter du récit mais également de cette immersion.

Très honnêtement : je n’avais pas envie de finir ma lecture. Je voulais rester dans cet univers. Pour un retour aux sources, je peux dire que j’ai misé haut avec ce roman et je n’aurais pas pu rêver meilleur come-back dans ce registre que j’aime plus que tout.

Alors durant ma lecture, il y a juste eu un petit point qui m’a gênée : c’est la mise en page des dialogues. Les incises ne sont pas du tout inscrites comme on aurait l’habitude de le lire et ça peut être légèrement déroutant au début. Mais très vite tu t’y fais. Même si cela peut ralentir la lecture (il faut parfois un certain temps avant de comprendre que tu viens de lire une incise et non du dialogue) mais ça ne gâche pas du tout la lecture.

Une représentation discrète mais efficace des minorités

Un dernier petit point qui ne paie pas de mine mais que j’ai tout de même apprécié : la représentation des minorités. Alors, c’est vrai que je t’en parle à chaque fois que c’est le cas dans un roman. C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur et que je veux toujours saluer.

Ici, tu as une représentation de minorités sexuelles et l’auteur fait même allusion à l’asexualité (chose extrêmement rare dans la littérature !). Mais il n’y a pas que la minorité sexuelle qui est mise en avant : on te parle aussi d’auteurs dys par exemple. Un auteur dys ! Je suis la première à revendiquer sur les réseaux sociaux mon statut d’auteure et de dys alors, encore une fois, ça fait mouche chez moi.

Bref, on est très loin d’un roman militant sur ces questions, et d’ailleurs, elles ne font pas partie de l’intrigue principale du roman, mais j’ai beaucoup apprécié ces petits clins d’œil. Comme je te le disais dans le titre : c’est discret mais efficace !

l’après-lecture (15 points sur 15)

Dans ma vie, j’ai lu pas mal de romans surprenants, saisissants. Des romans qui nous retournaient le cerveau, qui jouaient avec nous. Et il faut dire ce qui est : j’aime ça donc je le recherche toujours. Je traque même ce roman qui saura de nouveau me mener en bateau.

Et ici, c’est une réussite complète ! Je t’envie, toi. Oui, toi qui lis ces lignes. Parce que tu n’as pas encore découvert ce roman et parce que tu peux vivre cette expérience dès que tu le souhaites. C’est fini pour moi, je connais déjà le fin mot de l’histoire et je ne pourrais plus revivre cette exacte même expérience. Du moins, pas avec ce roman. Alors du coup je t’envie parce que tu peux le découvrir.

Je dirais bien que tu DOIS le découvrir, mais on va encore m’accuser de propagande ! Non, vraiment, ce roman a réveillé mon amour pour ce registre inclassable. J’ai découvert d’autres environs, j’ai découvert d’autres styles en 2020 et je suis très heureuse de l’avoir fait, mais là, vraiment, je me souviens avec ce roman de mon amour pour le thriller psychologique et pour le roman sombre.

Il m’a réellement fallu un certain temps pour redescendre de ma lecture une fois la dernière page tournée.

J’ai mis 15/15 à cette section, mais j’ai l’impression que ce n’est même pas assez ! Je suis à deux doigts de rajouter des points bonus pour montrer à quel point ce roman m’a marquée. Bref, je n’ai même pas les mots pour expliquer tout ce que je ressens.


PÉPITE OU PAS PÉPITE ?

Si tu veux un roman qui te retournera le cerveau et que tu n’arrives pas à dompter, ce roman est fait pour toi. C’est un énorme coup de cœur pour moi et je n’en suis clairement pas sortie indemne.

Alors, attention par contre, car il traite de sujets très violents tels que le viol, la perversion etc… Ça peut être un peu trop intense pour les plus sensibles. Donc à ne pas mettre dans les mains de n’importe qui.

L’aspect psychologique de ce roman est très fort et tu vas réellement être directement plongé dans l’esprit sombre et malsain de l’humain. Si ça ne te convient pas, tu risques de vite déchanter. Mais pour ma part, c’est ce qui me fascine le plus dans la littérature alors, forcément, j’ai adoré.


OÙ TROUVER LE ROMAN ?

Déjà, tu peux te le fournir sur Amazon. Mais tu peux également retrouver l’actualité de l’auteur sur Facebook ou Instagram

Voilà, j’espère que cela t’aura plu. À bientôt pour une prochaine lecture !

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2 commentaires sur « A la Recherche de Mary Easterway – Kristof Mishel »

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